HOMMAGE DE LA RÉDACTION D’ARC INFO A STEPHANE DEVAUX

Le corédacteur en chef d' »ArcInfo » est décédé d’un arrêt cardiaque vendredi dernier. C’est par leurs plumes, leurs crayons ou leurs appareils photo que ses collègues journalistes et amis ont choisi de lui rendre un dernier hommage.

EXTRAITS . SOURCE ARCINFO

Etre aimé, c’est se consumer dans la flamme. Aimer, c’est luire d’une lumière inépuisable. Etre aimé, c’est passer; aimer, c’est durer. Rainer Maria Rilke
Muriel Antille

Sa voix de stentor et son rire sonore nous manqueront. Son immense culture aussi. Stéphane aimait parler, de boulot, mais pas que. Il aimait les gens et les histoires, les petites et la grande. Il se qualifiait de «dinosaure» dans un métier qu’il avait choisi à une époque où on prenait encore le temps, où on s’autorisait à être bavard. Il suffisait qu’on lui dise qu’on partait en vacances en Ardèche pour qu’il se lance, passionné, dans une leçon d’histoire de France. Ça nous faisait rire. Stéphane était un homme de lettres, il s’est donné sans compter. A tort, on en prend la mesure aujourd’hui. Une dernière leçon, qu’il nous laisse en guise de testament.
Sylvie Balmer

Fin février, dans ce qui restera ton tout dernier éditorial – un de tes nombreux exercices de prédilection –, tu te demandais si l’on en faisait assez ou trop peu face au virus qui nous menace. Cette question résonne dans ma tête: en a-t-on fait assez, Stéphane, pour ne pas avoir à te pleurer aujourd’hui? Le virus t’a épargné. Pas ton cœur, qui a dit stop. Qu’aurait-on pu faire de mieux, ou ne pas faire, pour le préserver?
Jérôme Bernhard

Stéphane,

Tu étais imposant, par ta stature, ta voix qui portait loin et ton rire… Ce fameux rire qui manque déjà dans les couloirs de l’entreprise. Passionné et sensible, tu étais un homme dont on se souviendra.

Tu «étais», douloureux de l’écrire au passé. Adieu collègue.
Natasha Boffy

Il y a eu nos premières conférences de presse; Stéphane, l’estimé confrère. Nos repas à La Chaux-de-Fonds; Stéphane, le collègue passionné. Nos débats à la rédaction; Stéphane, le chef à l’écoute. Surtout, il y a eu les samedis matin, au marché de Neuchâtel; Stéphane, la longue silhouette coiffée d’un chapeau noir. Tu te postais au milieu de la foule, attentif aux histoires des gens, à leur vie. Tu y allais de ta tchatche, quitte à en oublier d’honorer ta liste de courses, sacré distrait! C’était ton métier, de raconter les autres. C’était ta passion, d’écouter battre le cœur de ta région. Au point d’oublier d’être à l’écoute de ton cœur à toi.
Anabelle Bourquin

Salut confraternel,

Ah, les anecdotes interminables de «vieux couillons du journalisme» qu’on se racontait avec l’inextinguible Stéphane Devaux! Il avait une mémoire d’éléphant, il était un passionné d’histoire. Je l’ai peu connu, mais voilà, ce sont déjà des souvenirs. Des souvenirs qui marquent. Un type de cœur lâché par son cœur, la vache, quelle triste ironie! Salut Stéphane.
Thierry Brandt

Stéphane, le vide que tu laisses derrière toi est à la mesure de ta présence humaine, immense!
Julián Cerviño

Je relis les quelques mots que m’écrivait Stéph’ il y a quelques jours encore à la fin d’un courriel, j’en ai les larmes aux yeux… Une nouvelle fois, le «coréd chef» prenait le temps de défendre le journaliste, sans oublier d’ajouter quelques mots sympas pour le collègue. Dans le métier, je n’ai pas souvenir d’avoir croisé quelqu’un d’aussi bienveillant que lui. J’aimais lui parler, il savait rassurer, et je crois qu’il attendait toujours que je dise une connerie avant de raccrocher… Adieu Stéph’, ta gentille grosse voix va beaucoup me manquer.
Vincent Costet

Stéphane,

L’amour des gens: c’est ce que je retiens de toi en premier. Des valeurs: l’amour du métier, l’éthique, le sens de l’information; un regard sans concessions sur la vie de la région. Nous partagions aussi la même idée sur le sens à donner à notre profession. Aujourd’hui, peut-être encore plus que jamais, il faut continuer. Et, sans ta présence, persévérer, faire passer le message. Adieu collègue. Que ton esprit rejoigne des terres hospitalières.
Daniel Droz

Parfois, tu nous disais, une pointe de nostalgie dans la voix: «Je suis un journaliste du passé.» Non, Stéphane, tu étais journaliste, simplement, viscéralement. Un grand «pro» à la fois ouvert sur le futur et héritier d’un savoir-faire précieux. Ton grand rire nous manquera tant. Mais il y a une chose sur laquelle tu ne plaisantais pas: le respect de notre code déontologique. Pour cela aussi, nous te disons merci.
Catherine Favre

Merci Stéphane pour ton professionnalisme, tes éclats de rires, ta bienveillance et ton respect de chacun. Nous ne t’oublierons pas.
Michel Fehlbaum, Jean-Michel Béguin, Jean-Dominique Del Signore et Rudolf Jegge

Stéphane,

Je me souviens comme si c’était hier des paroles que tu as prononcées pour les départs à la retraite de certains de nos collègues il n’y a pas si longtemps. Avec ton sens de l’humour et de la formule, tu as fait mouche à chaque fois. Des mots gentiment taquins empreints d’empathie, un régal pour nos oreilles. Au point que j’aurais moi aussi volontiers pris ma retraite pour avoir droit à un tel speech cousu sur mesure.

Je voulais répondre à ton dernier message… Tu nous as demandé à tous de prendre soin de nous, de nous écouter… Aujourd’hui, je t’écris. A toi, un excellent journaliste, mais surtout un homme bienveillant et soucieux du bien-être des autres. Un grand Monsieur!
Antonella Fracasso

Nous avons eu des conversations religieuses, entre lui, d’éducation réformée, et moi, de culture catholique. Un jour je lui ai demandé: «Mais tu crois en Dieu?» Il m’avait répondu: «Je te dirai quand j’y serai.»
Sylvia Freda

Je n’ai pas les mots pour dire toute ma tristesse… mais j’ai cette photo, où l’on retrouve sa dégaine légendaire. Christian Galley

Stéphane, tu n’as pas eu le temps de finir ton parcours professionnel que tu es parti vers d’autres âmes. Ailleurs. Tu rencontres peut-être déjà d’anciens lecteurs que tu avais convaincus avec la justesse de tes propos. Peut-être fais-tu déjà de nouvelles rencontres; de celles qui enrichissent et affinent l’esprit, toi qui le cultivais si adroitement. Peut-être rien de tout cela. Mais nous sommes là, nous, ceux qui t’ont connu, qui ont partagé ton quotidien, qui ont surmonté tant d’obstacles à tes côtés ou encore profité de tes conseils avisés. A nous, Stéphane, à tes proches, il nous reste ton héritage, le souvenir de ton souci du détail, du chef respecté parce que sensé et exemplaire pour abattre sa part de travail et au-delà. Tes conversations et la profondeur de tes propos nous manquent déjà, ô combien. L’image que tu me renvoies désormais, Stéphane, t’accompagne d’un large sourire. Tiens, si quelque part, tu venais à croiser Audiard, dis-lui combien de fois nous avons ri aux larmes, toi et moi, à l’évocation de cette mythique réplique dans le film «Les tontons flingueurs»: «C’est curieux, chez les marins, ce besoin de faire des phrases.» Bon vent Stéphane.
Santi Terol

Avec ton grand chapeau et ton long manteau, je t’appelais Clint Eastwood. Ça te faisait rire. Oui, on rigolait bien. Souvent. Longtemps. Intensément. Jusqu’aux larmes parfois.

Entrer dans ton bureau était toujours une expérience. On savait quand on y entrait, jamais quand on en ressortait. On parlait, on discutait. Beaucoup. On rêvait de nouveaux projets. On imaginait l’actu de demain, jusqu’à l’extrême. Aller plus loin. Toujours. Encore. Aller au-delà du raisonnable pour revenir, convaincus, à des projets plus réalistes.

Travailler avec toi fut un privilège. Merci.
Raphaèle Tschoumy

Stéphane,

Pendant si longtemps tu as été pour nous un phare, aussi éclairant qu’éclairé, une lumière qui nous guidait, nous protégeait, nous aimait, les jours de temps calme ou de forte tempête. Nous allons continuer à avancer, comme tu aurais souhaité qu’on le fasse, sur ce chemin soudain devenu beaucoup plus sombre. Nous pensons très fort à toi, comme tu aurais dû le faire aussi au lieu de trop penser à nous. Nous ne t’oublierons pas. Dans nos cœurs, le phare ne s’éteindra jamais.
Patrick Turuvani

La grandeur caractérisait Stéphane. Et de loin, pas seulement physiquement. Son professionnalisme, son écoute, je les ai découverts pour la première fois, voici 22 ans, lorsque j’ai fait sa connaissance dans son bureau de détaché, à Boudry. Sa voix porteuse et chaleureuse a d’emblée expliqué les ficelles du métier de localière à celle qui débutait comme stagiaire. La même a défendu les intérêts de ses collègues, lors de la grève menée en 2008. La même encore a rendu hommage, avec intelligence et humour, à ceux qui, pour diverses raisons, ont fait leurs adieux au journal. Cette voix, elle va indiciblement nous manquer.
Florence Veya

Il y a plus de trente ans, je faisais la connaissance de Stéphane aux cours de formation pour les jeunes journalistes. Depuis, nous nous sommes souvent croisés. En particulier, ces quinze dernières années. Il m’a fait découvrir le canton de Neuchâtel lors de mon arrivée ici. Il a fait preuve de bienveillance et d’empathie lors de nos discussions sur la politique cantonale neuchâteloise ou sur la Question jurassienne.

Avec notre passé commun d’anciens étudiants en histoire, nous partagions l’importance de raconter le passé pour mieux comprendre le présent et anticiper le futur. Nous échangions souvent sur les difficultés de conduire un journal alors que la presse écrite traverse une crise qui semble ne jamais s’arrêter. Mais voilà, un vendredi matin, son cœur a lâché. Depuis, c’est le mien qui pleure car nos échanges ne reprendront jamais.
Nicolas Willemin

Stéphane, un puits d’histoires. Celles de la grande Histoire, sa passion, nourrissaient ses papiers. Les petites? Une promenade avec son chien, une virée au marché de Neuchâtel le samedi ou ses vacances dans son tant aimé sud de la France se transformaient souvent en épopée. Passé la porte de mon bureau… «Tu sais Sophie…» et il déroulait, s’asseyait et je le fixais. «Ah non, Stéphane, pas maintenant…» Mais il savait déballer son récit en emballant les détails. Qu’il ponctuait toujours d’un grand rire résonnant dans toute la rédaction. Stéphane et son rire me manquent déjà.

Sophie Winteler

Il parlait beaucoup, Stéphane. De lui, des autres, du passé, de ses lectures, d’histoire. Il s’asseyait à côté de vous, sans bruit. Apparition silencieuse. Il attendait que vous ayez fini votre tâche quelconque, comme quelqu’un qui s’excuse à l’avance du temps qu’il va vous prendre. Une apparition polie et bienveillante. Il était comme ça, notre chef.

Puis il parlait, et si vous aviez de la chance, il lâchait un de ses rires francs et sonores avant de s’éclipser. Il parlait beaucoup, avec tout le monde et avec passion. Le son de sa voix, au timbre profond et puissant, emplissait tout l’espace de notre open space. A tel point que, parfois, la concentration s’érodait jusqu’à ce que je me résolve à mettre mes écouteurs, un brin agacée. Mais aujourd’hui… Disparition silencieuse.

Comment se faire à l’idée d’une rédaction aphone? Je jetterais mes écouteurs au feu pour l’entendre encore une fois, une dernière, avant qu’il n’embrasse la Grande Faucheuse. Mais il ne reste plus qu’à dire merci, Stéphane, pour tous tes conseils, ta gentillesse à toute épreuve, ton bon sens. Et bon vent.
Anouchka Wittwer

Un grand Monsieur, une belle âme, un cœur gros comme ça, il est impossible de décrire la belle personnalité de Stéphane en seulement quelques mots.

Sa gentillesse, son sourire et son rire, nos discussions sérieuses et plus légères vont me manquer, Stéphane va terriblement me manquer! Mais il restera toujours dans mon cœur.

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