Bienne ville francophone ?

rts « Quinze Minutes »

Pas toujours facile d’être francophone quand on habite à Bienne, la plus grande ville bilingue de Suisse, où certaines inégalités ont la peau dure. Pourtant, les Romands y sont de plus en plus nombreux. Les autorités cherchent donc à renforcer les formations bilingues.

En 20 ans, le pourcentage de Romands vivant à Bienne est passé de 28 à 43% de la population. Pourtant, la minorité francophone est encore souvent confrontée à des inégalités, notamment dans le domaine de l’emploi.

L’émission Quinze minutes de la RTS a rencontré Sandrine Bertolino, qui a grandi à Bienne. Elle est francophone et maîtrise parfaitement le suisse allemand. Sa fille a fait toute sa scolarité en français. Mais les problèmes sont survenus lorsqu’elle s’est mise à chercher un apprentissage dans une maison de retraite. « Elle a fait une trentaine de postulations. A Bienne, elle a eu au moins quatre refus où on lui a dit que l’on n’engageait que des apprentis suisse allemands », explique Sandrine Bertolino.

Au final, sa fille aura fait deux ans de recherches avant de trouver une place d’apprentissage à Orvin, une commune francophone à quelques kilomètres de Bienne.

Seulement un tiers d’apprentis francophones

Une jeune femme contrainte de quitter Bienne pour trouver un CFC: cet exemple est loin d’être anecdotique. Dans la Ville, seul un tiers des places d’apprentissage est occupé par des Romands (33%). Et en 2013, le taux d’apprentis francophones n’était « que de 25% », relevait Florent Cosandey, chef de la section francophone de l’Office des écoles moyennes et de la formation professionnelle du canton dans un article publié en décembre dernier dans le Journal du Jura.

Il souligne notamment les efforts du Conseil des affaires francophones, qui a mis sur pied un programme de coaching pour appuyer les futurs apprentis dans leurs démarches.

« Un enjeu décisif »

« Il est clair que si on est monolingue dans cette ville, on est pénalisé. Et si on est monolingue francophone, on est doublement pénalisé. C’est une injustice qu’il nous faut combattre », reconnaît Cédric Némitz, conseiller municipal en charge de la formation. Il souligne toutefois que « dans certains domaines, le bilinguisme est obligatoire. On doit pouvoir se débrouiller dans l’autre langue. Pour les jeunes qui entrent dans le monde du travail, cet enjeu est décisif. »

A Bienne, les écoles ont longtemps séparé romands et alémaniques. Mais désormais, la Ville mise sur une filière entièrement bilingue: un projet pilote unique en Suisse.

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