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Revue de presse

08 janvier 2011 (observateur) - Un Cercle international et un poste d’observateur des langues mis en place.
 

MÉDIAS

RENCONTRE DE JOURNALISTES FRANCOPHONES À CULLY (SUISSE)

 Un Cercle international et un poste d’observateur des langues mis en place

 A l’initiative de l’Association des journalistes suisses de langue française (ASJLF), une trentaine de journalistes francophones de 16 pays d’Europe, d’Afrique, et du Canada-Québec, se sont rencontrés pendant trois jours (18- 21 octobre dernier) à Cully, près de Lausanne, en Suisse pour débattre de problèmes liés à leur profession.

 

Les assises ont eu lieu à la veille du XIIIe Sommet de la francophonie à Montreux (22-24 octobre). Elles ont abouti à la mise en place d’un cadre informel d’échanges d’information et d’expérience, dénommé «Cercle international de journalistes francophones», ainsi que d’un poste «observateur des langues». Sa mission : analyser les usages linguistiques en vigueur, dans les organisations internationales, particulièrement du système des Nations-Unies, basées à Genève, dans un premier temps. Plus tard, cette expérience pourrait être élargie à d’autres carrefours internationaux, comme New-York, Bruxelles, Addis-Abeba.

 

Au nombre des problèmes brûlants évoqués par les participants, figurent, entre autres, la situation et de la véritable «indépendance» de la presse dans le monde.

 

Après un tour d’horizon «critique», ils sont arrivés à la conclusion que dans tous les continents, la situation de la presse est «assez sombre». Partout, elle subit de fortes pressions économiques et politiques, souvent même «impitoyables», allant jusqu’à l’emprisonnement.

 

Dans les démocraties «mieux établies», les tentatives de corruption, sous forme de publicité déguisée sont nombreuses. Sur un autre plan, ils ont fait le point sur la cohabitation entre médias traditionnels (journal sur papier, agence de presse, télévision, radiodiffusion) et l’information diffusée par Internet, sous diverses formes : ordinateurs, téléphone. A ce sujet, ils ont relevé que de nombreux diffuseurs hésitent et font des expériences pratiques dont les enseignements ne sont pas encore clairs.



Pour Daniel Favre, président de l’ASJLF, en organisant cette rencontre, l’association a voulu réunir des journalistes d’une vingtaine de pays pour réfléchir de manière «assez approfondie», sur certains grands problèmes de l’heure de la profession. «Constatant l’augmentation et la montée de l’anglais dans les organisations internationales, nous avons décidé de créer un poste d’observateur auprès de l’ONU, à Genève, pour qu’il puisse suivre l’évolution du français par rapport aux autres langues à l’ONU, et pouvoir faire des rapports sur la base de constats vus par un journaliste», a-t-il précisé au magazine Reflets.

 

«Nous sommes extrêmement contents parce que, c’était une rencontre de réflexion très intéressante qui va pouvoir faire avancer le débat sur les grandes questions qui touchent la presse», a-t-il ajouté.

 

Gilbert Lavoie, du quotidien québecquois, «Le Soleil» de Montréal, a salué cette «première». «C’est, en effet la première fois, à l’occasion d’une réunion internationale officielle de la francophonie ou du G8, qu’a précédé une réunion de plus de deux jours, des journalistes de pays francophones», a-t-il rappelé. Selon lui, la rencontre de Cully, pendant trois jours, a été l’occasion, pour les participants, de se connaître, d’échanger beaucoup en profondeur. «C’est mieux que lorsqu’on se rencontre une première fois».

 

Sur le plan professionnel, cette réunion a permis d’apprendre beaucoup de choses. C’est aussi l’avis de Daniela Coman de Roumanie. Journaliste à la rédaction des informations de la radio nationale, et collaboratrice d’un magazine francophone du pays, elle a estimé aussi que Cully a été une rencontre «très intéressante». «C’est très enrichissant d’avoir eu à partager des expériences professionnelles avec les confrères et consœurs d’autres pays francophones du Canada, de l’Afrique, du Moyen-Orient, et de l’Europe», a-t-elle fait remarquer.

 

De l’avis du burundais Athanase Karayenga, c’est une appréciation « très positive». D’abord, il y a eu la qualité de l’organisation qui a été «parfaite, par nos amis suisses», ensuite, l’occasion qui a été donnée et la facilité d’échanger. Les organisateurs ont pensé à des sujets et à un programme de discussions «très pertinents», de telle sorte que quelque soit le pays et le continent d’origine, «nous nous sommes tous retrouvés, sur la même ligne de réflexion, d’interrogation, des mêmes défis». «C’est impressionnant de voir que les défis auxquels sont confrontés les journalistes du Nord et du Sud sont les mêmes : mêmes analyses, mêmes moments d’humour et de réflexion, mêmes contraintes

(…) ».
 

Ibrahima Cissé (Magazine Reflets Suisse-Afrique)

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