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Langue française

13 septembre 2011 (admin) - Synthèse Rapport de l'Observateur sur le français à l'ONU.
 

Demander un accès à l’information en français est un droit de l’Homme pour les plus de 220.millions de locuteurs francophones à travers le monde. La diversité linguistique et culturelle reste un droit, un principe et une valeur, a martelé le journaliste sénégalais, El Hadji Gorgui Wade Ndoye, Observateur de l’utilisation de la langue française au sein de l’Onu et des autres organisations internationales dans son premier rapport. M. Ndoye dresse un constat alarmant de l’utilisation du français au sein des Nations Unies à Genève.

Dans son texte, l’Observateur propose, par ailleurs, qu'en accord avec la Francophonie et les Chefs d’Etat des pays francophones, de manière expresse que désormais les portes paroles qui seront envoyés à Genève soient parfaitement bilingues (maîtrise des deux langues de travail Anglais et Français).

 

A noter que le début de la prise de fonction de M. Ndoye pour observer l'usage de la langue française au sein de l'Onu et des autres organisations internationales, est marqué par une actualité mondiale dominée largement par le Printemps arabe, la guerre politico civile en Côte d'Ivoire et dernièrement le désastre nucléaire au Japon. 

 


 



Concrètement au delà de notre présence pour influer sur un changement des mentalités - ce qui est le plus difficile- nous avons réussi à obtenir le bilinguisme (anglais et français) du site des Nations Unies consacré à l'accréditation des ongs qui n’était que de façade car dès que l’ong francophone essayait de s’inscrire elle tombait sur une suite en anglais. L’ONU avait justifié cet état de fait par un problème technique. En tous les cas quelques jours après, grâce à la vigilance de l’Observateur, le problème a été résolu.

 

Au niveau des portes paroles de l'ONU, la conscience est claire que nous ne leur laisserons plus le privilège de baigner dans la routine de l'utilisation abusive de l'anglais lors de nos séances bi hebdomadaire (mardi et vendredi).

 
Le site Francophonu comptabilise des milliers de visiteurs uniques répartis sur 85 pays.
 

L’Observateur ne peut rien inventer et pour être crédible il doit être efficace sans être trop encombrant inutilement. L'ONU est une grosse machine !

 

Avec Daniel Favre, Président de l’Association Suisse des Journalistes francophones (ASJF), nous avons plaidé pour notre cause devant des hauts responsables de l'ONU à Genève à l'occasion de la Journée du Multilinguisme co organisée par l'ONU et l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

 

Notre stratégie est donc de rappeler les chartes de l’organisation, ses recommandations et autres décisions et de la pousser à réagir plus efficacement.

 

Après avoir bouclé ses premiers 6 mois, l'Observateur souhaiterait partager avec la presse et l’opinion publique quelques remarques.

 
De l’Observateur
 

L’Association suisse des journalistes francophones, sous la sage direction de Jean Marie Vodoz et de Daniel Favre a mis en place, à la suite d’une rencontre mémorable tenue à Cully, en marge du Sommet de la Francophonie de Montreux, un poste d’observateur confié à un journaliste.  Ce poste consiste à analyser les pratiques des usages linguistiques au sein des Nations Unies et dans d’autres institutions internationales.

 

L’institution de la fonction d’ "Observateur" des usages linguistiques à l'ONU/GE et dans d'autres institutions internationales permet de veiller sur l’équilibre dans l’utilisation des langues officielles et notamment de la parité entre l’anglais et le français, les deux langues de travail. Si son travail devait uniquement se limiter aux informations écrites et orales émises par le système des Nations Unies à Genève, le champ d’actions de l’observateur serait déjà assez large. La liberté que confère la qualité de journaliste permet cependant d’interpeller les Nations Unies sur la production d’une documentation respectueuse du multilinguisme et de l’accès à tous à une information compréhensible dans sa propre langue et sur le recrutement de son personnel en conformité avec le principe de la diversité culturelle.

Un constant alarmant

Le constat est alarmant : « Beaucoup d'observateurs se plaignent de la domination de l'anglais au sein de l'ONU et n'hésitent même pas à parler de discrimination des langues et surtout le français qui est langue de travail autant que l'anglais, comprenez vous leur sentiment et que comptez vous faire? ». A cette question adressée à la directrice de la communication et de l’information de l’ONU, la titulaire reconnaît : « Je comprends, bien sûr, les frustrations de beaucoup. Certains ont expliqué comment des documents soumis à des instances dirigeantes et portant sur des pays francophones avaient été distribués en anglais seulement dans un premier temps, d'autres ont mentionné les nombreux sites internet qui ne sont multilingues qu'en façade. Beaucoup d'autres exemples d'inégalité existent ».  Mme Corinne Momal Vanian, Directrice du Service de l’Information à l’ONUG, de souligner que ces inégalités «  ne doivent pas faire oublier, cependant, les vrais efforts entrepris non seulement par les Nations Unies mais par de  nombreux autres secrétariats d'organisations internationales » et de justifier cette incompréhensible discrimination de la langue française par le fait que : «  Le contexte budgétaire ne s'y prête guère, mais cela ne doit pas être une excuse pour remédier à ces inégalités» a –t-elle renchérit. Pour sa part, l’Ambassadeur Pape Louis Fall, Inspecteur des Nations-Unies, Coordinateur du Rapport destiné à l’Assemblée Générale des Nations Unies et intitulé Situation du Multilinguisme dans les organismes des Nations Unies) se réjouit : « Je suis heureux de saluer la création, au sein de la dynamique Association des Journalistes francophones en Suisse, d’un Observatoire des langues. Confié au sémillant Gorgui Wade NDOYE, grand professionnel des media et membre de la presse accréditée auprès de l’Office des Nations Unies à Genève »

 

Notre droit d’exiger l’utilisation de la langue française.

 

Dans un récent sondage effectué au sein des Nations Unies à Genève (ONUG), on note que 98 pour cent du personnel ont indiqué qu'ils utilisaient l'anglais au travail, 87 pour cent le français, 34 pour cent l’espagnol et 10 pour cent le Russe. « Ce qui démontre que l'ONUG peut s'appuyer sur un staff véritablement multilingue » s’est réjoui, récemment, le directeur général sortant Sergei Orzhonikidze, à l’occasion du séminaire de la Francophonie et de l’ONUG sur « Le multilinguisme dans les organisations internationales: quels investissements pour quels objectifs ? ». Il met ces résultats sur le compte des efforts de formation menés par l’ONU. Pourtant le déséquilibre entre les différentes langues officielles saute aux yeux. La documentation soumise pour traduction à Genève est essentiellement reçue en langue anglaise. Pour l’année 2010, 73.5 % des documents ont été soumis en originaux anglais et 14.9% en originaux français. « Cette répartition reste stable par rapport aux années 2008 et 2009, avec une légère augmentation des soumissions en langues arabe et russe à hauteur de 2.9 % respectivement contre 0.8% et 1.9% pour la période précédente », souligne M. Ala Almoman, Point focal pour le multilinguisme au sein de l’ONU, qui rappelle quepour 2010, 8 695 réunions ont été tenues ou servies par l’ONUG et 177 982 pages traduites.  

 

Les fondements légaux de notre exigence

 

La question, doublement lancinante, du déséquilibre entre les six langues officielles de l’ONU et celle des disparités entre les langues de travail du Secrétariat (singulièrement l’Anglais et le Français) continue de préoccuper les Etats Membres, d’occuper régulièrement les éphémérides de l’Assemblée Générale et de mobiliser les énergies du Secrétariat Général. C’est également et à maints égards, le cas pour les organes délibérants et les secrétariats des autres organisations du Système des Nations Unies, faisait remarquer l’inspecteur des Nations Unies, l’Ambassadeur Papa Louis Fall. En effet, dans ses multiples résolutions, y compris la plus récente (A/RES/63/306 du 9/9/2009), l’Assemblée Générale ne cesse de rappeler que l’universalité des Nations Unies et son corollaire, le multilinguisme, impliquent, pour chaque Etat Membre, le droit et le devoir de se faire comprendre et de comprendre l’autre.  Soulignant la nécessité d’assurer, à tous, l’accès à la documentation, aux archives et banques de données de l’ONU dans toutes les langues officielles, l’Assemblée Générale invite constamment le Secrétaire Général à veiller à la stricte application des résolutions sur le régime linguistique, et pour les langues officielles et pour les langues de travail du Secrétariat.

 

« Il reste que, nonobstant les ardentes proclamations “urbi et orbi” sur le Multilinguisme et les nombreuses résolutions adoptées par maints organes et instances diverses, en faveur d’un véritable multilinguisme, la situation, je devrais dire la problématique, sans pour autant susciter la controverse, encore moins la polémique, ne s’est point - malgré des avancées certaines -   radicalement améliorée, ainsi que l’illustrent, quotidiennement, les faits têtus d’une brûlante actualité » reconnaît l’Ambassadeur Fall. Ce dernier, dans un document remis à l’Obseravteur, informe que « Le Corps Commun d’Inspection (CCI*[1]) ne s’y est guère trompé. S’inscrivant dans la dynamique d’un dialogue fécond avec l’ensemble des organisations du Système et d’un suivi périodique de la mise en œuvre de ses recommandations, le CCI a intégré dans son programme de travail 2010/2011 et sous le titre “Situation du Multilinguisme dans les organismes des Nations Unies”, des propositions initiées par la FAO et le Comité des Commissaires aux Comptes », soumises par ses soins au CCI.

 

Lors d’un séminaire co-organisé par la Francophonie et les Nations Unies, M. Fall, ancien Représentant spécial du Président de l’OUA aux Négociations sur le Rwanda (Arusha 10/7/92–4/8/93) et ancien Représentant spécial du SG/OUA au Burundi (1993-94) etc, a informé le public que le rapport du CCI destiné à l’Assemblée Générale, devrait s’articuler autour d’un examen des dispositions concernant les effectifs et les mécanismes de financement des services linguistiques, d’un inventaire des meilleures pratiques et de la formulation de recommandations concrètes quant aux mesures requises pour mieux s’attaquer à la problématique évoquée plus haut et aux questions connexes. « Celles-ci seraient liées, par exemple, aux examens d’aptitude linguistique sur les recrutements, aux programmes d’apprentissage des langues, aux difficultés d’accès à l’information et à la documentation, au développement du site Web de l’ONU dans une perspective de parité des langues officielles », a souligné Pape Louis Fall, sans vouloir entrer dans les détails laissant la primeur aux Chefs d’Etats et à Ban Ki Moon, Secrétaire Général des Nations Unies.

 

On peut, cependant, avancer que le CCl va, sous peu, boucler le travail d’évaluation conduit dans des domaines aussi essentiels que le rôle des Etats Membres, le respect des cadres formels par rapport aux activités du secteur linguistique, les rapports dialectiques entre contraintes budgétaires et exigences de qualité et de continuité des services de conférence, l’intégration plus systématique du critère langues dans les processus de recrutement, les plans de relève d’un personnel linguistique qui perdra 20% de ses effectifs d’ici à 2015, la conclusion de partenariats et la construction de réseaux dans le domaine des langues (IAMLADP).

 

Agir au niveau du recrutement

 

Une ancienne fonctionnaire des Nations Unies confiait ses propos anecdotiques à l’Observateur : « A Genève, l'Onu faisait tout pour envoyer soit un bilingue soit un francophone et celui qui devait avoir honte de ne pas parler français était bien le postulant mais aujourd'hui c'est tout à fait le contraire ».

 

Cette anecdote est bien révélatrice du manque de considération subi par la langue française au fur des années au sein de l’ONU à Genève. Le manque de réaction a installé une certaine routine dans le recrutement et l’envoi de fonctionnaires non francophones à Genève.

 

Les portes paroles des différentes institutions et organes du système onusien se sont alors installés confortablement dans un monolinguisme dont les conséquences les plus visibles sont la rédaction de communiqués de presse exclusivement en anglais, des conférences de presse imposées en anglais, des journalistes francophones et d’autres ères linguistiques devant faire le double ou le triple du travail de leurs confrères anglophones. Pour la couverture des sujets plus techniques comme la santé, le commerce, les journalistes francophones sont aussi défavorisés ne pouvant pas compter sur des experts de qualité et s’exprimant parfaitement en français.

 

Il faudra noter qu’il y a moins de journalistes américains et anglais accrédités au Palais des Nations Unies Unies à Genève et paradoxalement la majorité de francophones, les espagnols les Chinois, les arabes, les russes sont obligés de se soumettre au diktat de la langue anglaise. Ainsi un journaliste africain francophone est obligé de comprendre l’anglais pour travailler correctement aux Nations Unies alors que son collègue américain ou britannique peut vivre plus de 20 ans à Genève, dans la ville de Calvin de Rousseau, de Voltaire sans devoir prononcer aucune phrase en français.

Le plus dur est pour les auditeurs et autres téléspectateurs des médias francophones. Les journalistes sont obligés de superposer une traduction sur les propos des experts invités, ce qui crée nécessairement une monotonie dans le reportage.

 
Conclusion/
 

L’association des journalistes francophones en Suisse en instituant un poste d’observateur a vu juste car elle refuse le fatalisme consistant à dire qu’il n’y a rien à faire! Elle a raison de mener avec courage des actions concrètes et de se manifester pour dire que la langue française n’est pas une langue morte. Le support que constitue le site Francophonu.info est donc l’expression réelle plus que virtuelle pour réaffirmer, désormais, et plus que jamais, le français a droit de cité dans les instances internationales ! … Avec un « observateur » à Genève, le message est clair : rien n’impose à la cité de Calvin de s’exprimer en anglais !

 

Au-delà de la participation aux rencontres régulières de la presse accréditée aux Nations Unies avec les différents portes paroles, les mardi et vendredi, moments pendant lesquels un dialogue s’installe entre journalistes et des responsables onusiens avec les séances questions réponses et la distribution des communiqués etc, l’observateur a mené différentes actions individuelle ou collective avec l’association pour « surveiller » la présence absence de la langue française. Des efforts sont notés dans la distribution des documents à la presse même si c’est largement insuffisant mais la séance question réponse est pratiquement faite en anglais. Des portes paroles ne parlant pas le français ou ne trouvant aucune utilité de s’exprimer dans cette langue. Il faut aussi dire que des journalistes francophones posent aussi des questions en anglais.

 

Le gros du travail sera de récolter des anecdotes, des témoignages, des récits, des textes pas du tout ou mal traduits, pour organiser ensuite des débats publics, provoquer des réactions dans un esprit de normalisation. En guise d’exemple, un responsable onusien accueille une stagiaire francophone désirant s’exprimer dans sa langue maternelle et celui-là l’apostrophe ainsi : « Ah, vous faites partie de ce combat-là ?! »

 

L’observateur devrait aussi attirer l’attention des dirigeants de la Francophonie et celle des responsables politiques francophones de l’urgence de réaffirmer leur volonté de voir une ONU plus démocratique. En effet, la parité, notamment, entre le français et l’anglais devrait être scrupuleusement respectée. En tant qu’émanation d’une association de journalistes,  l’observateur devrait demander expressément aux chefs d’Etats francophones et à l’OIF de peser de tout leur poids dans le cadre du recrutement au sein des organisations internationales, surtout dans le choix des portes paroles des agences onusiennes, des directeurs généraux et autres responsables administratifs et culturels. La vigilance pour le respect de la parité anglais français au niveau des sites d’information de l’Onu et de l’ensemble de son système devrait être de mise.

Le rôle de l’observateur est de faire comprendre que la globalisation n’entraîne pas, nécessairement, un affrontement mais qu’il urge de ne céder aucun terrain pour favoriser plus de justice et de démocratie aux Nations Unies et ailleurs. Demander un accès à l’information en français est un droit de l’Homme pour les plus de 200.millions de locuteurs francophones à travers le monde.

La diversité linguistique et culturelle reste un droit, un principe et une valeur. Nous avons également des collègues défenseurs de la langue française en Belgique et à Addis Abeba, l’observateur est le point focal vers lequel devront converger les différentes remarques et observations des collègues dans toutes les institutions internationales. Egalement le concours de toutes celles et ceux qui, nantis du fait que le multilinguisme est une valeur et un droit de l’Homme plus qu’une richesse formidable s’engagent à défendre ce principe.

 

Créé en 1976 par l’Assemblée Générale de l’ONU, le CCI est le seul organe de contrôle externe indépendant, mandaté par l’AG  aux fins de mener, à l’échelle du système des NU, des évaluations, inspections et enquêtes, eu égard au triple souci des Etats Membres, de renforcer l’efficacité des services et le bon emploi des ressources, d’améliorer la gestion et les méthodes de travail, tout en impulsant la coordination intersystème et le partage de l’information. Les 11 Inspecteurs, basés à Genève, sont nommés par l’AG/ONU, après consultation des organisations du Système.
 
 
 
 

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