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Revue de presse

08 janvier 2011 (observateur) - Rencontre de Cully : Impressions de quelques participants .



 « Suivre l’évolution du français par rapport aux autres langues à l’ONU »

Daniel Favre (président ASJF) : Par cette rencontre, ce que nous avons voulu, c’est réunir des journalistes d’une vingtaine de pays, en principe un par pays, pour qu’on soit un petit groupe, réfléchir de manière assez approfondie, sur certains grands problèmes de l’heure de notre profession. Ces problèmes, nous avons décidé, constatant l’augmentation et la montée de l’anglais dans les organisations internationales, de créer un poste d’observateur auprès de l’ONU à Genève pour qu’il puisse suivre l’évolution du français par rapport aux autres langues à l’ONU, et pouvoir faire des rapports sur la base de constats vus par un journaliste. Nous avons parlé de notre déontologie et aussi des problèmes qui se posent, en constatant qu’il y a malheureusement de grandes pressions publicitaires et politiques, qui dans certains pays vont même jusqu’à l’emprisonnement. Ce qui nous parait extrêmement grave! Nous avons aussi constaté la concurrence des médias. Les grands médias traditionnels (radio, télévision, agence de presse) et maintenant toute la naissance d’un foisonnement des nouveaux medias, par le biais de l’internet. Tout cela amène un certain nombre de réflexions très intéressantes, et nous espérons pouvoir recréer une deuxième rencontre de ce Cercle international de journalistes francophones, à entendre les participants. De notre côté aussi, nous sommes extrêmement contents parce que, ce n’est pas seulement une rencontre inutile au cours de laquelle on raconte des choses inutiles, mais une rencontre de réflexion très intéressante qui vont pouvoir faire avancer le débat sur ces grandes questions.

Gilbert Lavoie (Le Soleil de Montréal): Pour moi, c’était une première. C’est en effet la première fois, à l’occasion d’une réunion internationale officielle, de la francophonie ou du G8, qu’a précédé une réunion de plus de deux jours, des journalistes de pays francophones. Nous nous sommes rencontrés ici à Cully, pendant trois jours, et nous avons eu l’occasion de nous connaître, d’échanger beaucoup en profondeur. C’est mieux que lorsqu’on se rencontre une première fois. Sur le plan professionnel, cette réunion m’a appris beaucoup de choses. Nous avons lié des débuts d’amitiés. Je pense que cela va se poursuivre. C’est une occasion à répéter, que j’aimerais bien se renouveler au Québec, un jour, très certainement.



« Favoriser le partage des expériences professionnelles avec les confrères et consœurs d’autres pays francophones »

Daniela Coman (Roumanie) : Je travaille à la radio nationale de Roumanie, à la rédaction des informations, et je suis aussi pigiste pour notre magazine francophone de Roumanie. Je trouve que nous avons eu une rencontre très intéressante. Les discussions ont été tout aussi très intéressantes, puisque nous avons parlé des problèmes de notre métier. Je trouve cela très important de se réunir ici à Cully pour parler de la francophonie aussi, en marge su Sommet de Montreux. C’est très enrichissant pour moi-même d’avoir eu à partager des expériences professionnelles avec les confrères et consœurs d’autres pays francophones, du Canada, de l’Afrique, du Moyen-Orient, et de l’Europe.

 

Rachid Khechanade (Tunisie) : Des rencontres de ce genre sont nécessaires, car elles permettent de confronter les expériences et d’avoir des échanges enrichissants, étant donné les situations très particulières des pays membres de la francophonie. En même temps, il y a des traits communs qui gagneraient à être creusés ensemble pour envisager des solutions. Des solutions pour des soutiens mutuels, nécessaires à l’approfondissement de l’aspect professionnel dans chaque pays, de manière à ce que ce savoir devienne quelque chose de commun à tous les pays et à tous les acteurs de tous les pays actifs dans ce domaine, en l’occurrence, les médias.

 

« Promouvoir le français, et se préparer à bien cohabiter avec l’anglais et les autres langues »

 

Sorina Stefartà (Moldavie) : Je suis ravie d’avoir eu l’opportunité d’apprendre de cette réunion. Elle m’a donné une possibilité de savoir que les problèmes de la presse sont les mêmes partout au monde. C’est bien que nous ayons parlé de choses modernes, tels que les relations entre la presse écrite et la presse en ligne, internet. Je pense que chacun de nous a trouvé quelques solutions pour soi-même, pour le média dans lequel il travaille. Lors de la clôture, j’ai dit qu’il faut promouvoir le français, et dans le même temps, se préparer à bien cohabiter avec l’anglais et les autres langues, puisque c’est une réalité qu’on ne peut pas changer. La rencontre de Cully a été très utile. J’ai particulièrement été intéressée par les échanges sur la publicité cachée, les relations entre les rédactions et les départements de marketing (comment il faut collaborer, trouver un équilibre pour être plus honnête avec les lecteurs).

 

Athanase Karayenga (Burundi): J’ai une appréciation très positive de cette rencontre pour deux raisons principales. D’abord la qualité de l’organisation qui a été parfaite, par nos amis suisses, ensuite, l’occasion qu’ils nous ont donnée et la facilité d’échanger. Les organisateurs ont pensé à des sujets et à un programme de discussions très pertinentes, de telle sorte que quel que soient le pays et le continent d’origine, nous nous sommes tous retrouvés, sur la même ligne de réflexion, d’interrogation, et des mêmes défis. C’est impressionnant de voir que les défis auxquels sont confrontés les journalistes du Nord et du Sud sont les mêmes : mêmes analyses, mêmes moments d’humour et de réflexion, mêmes contraintes. J’en redemande, mais cette fois-ci en Afrique! Je trouve en effet que nos amis européens, canadiens et du Moyen-Orient ne se doutent pas des progrès considérables que les journalistes et les médias en Afrique ont enregistré depuis plusieurs années. Ce sont des progrès qui ne sont pas perçus. Je serais ravi qu’ils viennent dans des pays normaux d’Afrique où il n’y a pas de conflit, pour voir comment travaillent les journalistes et les médias ? Comment ces journalistes sont formés? Quels sont les sujets de recherches ? etc…

 
Propos recueillis par Ibrahima Cissé (Magazine Reflets Suisse-Afrique)
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