2019: Présentation ASJF

Présentation de l’Association suisse des journalistes francophones

Par Jean-Pierre Molliet

L’Association suisse des journalistes de langue français (ASJLF) a été fondée le 27 novembre 1959 à Lausanne sous la présidence de Claude Bodinier. Elle a formé dès son origine la section suisse de l’UIJPLF, créée neuf ans plus tôt, aujourd’hui l’UPF (Union internationale de la presse francophone). Elle a compté dans les années 1980 jusqu’à 445 membres. Elle en dénombre actuellement 225.

Par mesure de simplification, elle s’est appelée dès 2010 Association suisse des journalistes francophones (ASJF).

Les présidents qui se sont succédé :

Claude Bodinier, Jean- Marie Vodoz (dès 1977), François Moreillon (dès 1993) Jean-Louis Bernier (dès 1995), Daniel Favre (dès 2003), Jean-Pierre Molliet (dès 2015)

Suisses au pinacle

Au niveau international, Claude Bodinier a assumé la présidence de l’UIJPLF et Jean-Marie Vodoz a présidé à deux reprises l’UPF. Daniel Favre a occupé durant une quinzaine d’années le poste de responsable pour l’Europe de l’UPF. De 2014 à 2018 Jean-Pierre Molliet a siégé au Bureau international avec le titre de vice-président de l’UPF.                         

Réunions internationales

La Suisse a accueilli plusieurs réunions internationales de la presse francophone.

1953 : 2e Congrès international des journalistes francophones 2-4 octobre à Neuchâtel

1960 : 7e Congrès international à Lausanne

1967 : Journées européennes à Lausanne19-22 mars

1993 : Journées européennes à Martigny du 24-26 juin

2002 : 34e Assi­ses de la presse francophone à Genève 8-14 septembre

2010 : Cercle de journalistes francophones à Cully 17-21 octobre

Nos objectifs

a) sur le plan national

Rappelons que la Suisse est bercée par le plurilinguisme qui est reconnu comme l’une des forces de notre pays qui compte quatre langues officielles : allemand 73,5 %, français 20 %, italien 6 %, romanche 0,5 %. D’où l’importance de la langue comme expression visible des différentes cultures au sein de la famille helvétique. Un cheval de bataille pour l’ASJF : veiller à sensibiliser le monde politique afin que dans les faits le français soit toujours considéré comme une langue officielle face à la langue allemande parlée par la majorité des Suisses. Il y a une dizaine d’années une loi a connu un enfantement difficile. Elle avait pour but de pérenniser et de promouvoir le plurilinguisme. Notre récent vécu montre que la paix des langues est un acquis fragile. Elle demande une attention permanente. Pour notre association, la lutte à l’intérieur demande une grande vigilance. Notre mission est de favoriser toute initiative propre à défendre l’usage des langues nationales, en particulier celui du français.

Le danger est permanent. Dans certains cantons de Suisse alémanique des voix se sont fait entendre pour que l’anglais devienne la première langue étrangère à apprendre à l’école, ce qui relègue le français au statut de 2e langue étrangère.

Autre sujet de préoccupation : la lutte contre l’utilisation abusive des anglicismes tant dans le secteur privé que dans l’administration fédérale et dans les entreprises sous le contrôle de la Confédération. Il s’agit pour nous de combattre le « tout à l’anglais » et non la langue anglaise en tant que telle qui s’est imposée comme un véhicule de communication indispensable à travers la planète.

b) au niveau international

En étant liés à l’UPF, nous en épousons les grands principes, soit notamment :

Promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique

Promouvoir la paix, la démocratie et les droits de l’Homme

Appuyer l’éducation, la formation, l’enseignement à tous les niveaux et la recherche

Développer la coopération au service du développement durable

Favoriser l’accès aux technologies de l’information et de la communication

Les privilèges

En tant que membres de l’ASJF, trois privilèges nous appartiennent. Francophones d’abord, nous faisons partie d’une vaste famille humaine. Journalistes, ensuite, nous sommes des privilégiés de la communication. Et membres de l’UPF, enfin, nous pouvons nouer – à l’occasion des congrès, symposiums et autres réunions – de véritables amitiés avec les ressortissants de quelque 50 pays.

Alouette

Le premier numéro d’Alouette est sorti de presse en octobre 1988. Le président de l’époque, Jean-Marie Vodoz, l’avait présenté en ces termes : « Alouette, nous avons emprunté cet emblème à nos amis du Québec et de l’Acadie. Alouette, la chanson que le monde entier chante en français. Alouette, l’oiseau des ciels d’été, présence impalpable qui n’a de séduction que par son chant. Alouette, notre langue ».

Durant trente ans, notre journal a été distribué quatre fois par année à tous les membres, ainsi qu’aux abonnés et à différentes institutions et associations, de même qu’aux ambassades francophones établies en Suisse. Il a été sacrifié sur l’autel des nouvelles technologies. Le dernier numéro papier a paru ce printemps.  Il sera désormais diffusé en version électronique sur le site francophonie.ch et envoyé par messagerie.  Alouette continuera d’exister et paraîtra quatre fois l’an, au début de chaque saison (mars, juin, septembre, décembre), mais uniquement sous la forme numérique.

Les fiches…

Chaque mois, l’ASJF sort des fiches appelées « Défense du français » qui précisent le sens et l’évolution des mots les plus couramment employés souvent faussement dans les médias.  Nous en sommes actuellement (mai 2019) à la fiche no 632. Etant donné que chaque fiche offre l’explication de six mots, ce sont 3792 termes qui ont été décortiqués à l’intention des journalistes certes, mais également des traducteurs, des enseignants et des écrivains. Nos abonnés ont la possibilité de retrouver la totalité des mots sur notre site.

René Belakovsky, Claude Bodinier et André Panchaud ont été les premiers « pères-virgules » à épingler avec ironie les erreurs fréquemment commises par la profession. Olivier Bloesch est le nouveau responsable.

… compilées dans un livre à succès

Cyril Jost, responsable des Editions Loisirs et Pédagogie, a eu la bonne idée de compiler 300 des fiches (voir ci-dessus) et de les réunir dans un ouvrage « Petit lexique des belles erreurs de la langue française ». Cet éditeur a en outre associé les illustrations décalées de Plonk & Replonk qui donnent à l’ensemble un charme délicieusement suranné. Qui n’est pas sans rappeler la Rue des petites perles, fameuse chronique du Canard enchaîné qui poursuit peu ou prou le même but. Ce livre qui a fait un tabac a dû être réédité.

Association Défense du français

Pour élargir notre champ d’action et pour intéresser un plus large public à la défense et à la promotion du français, l’ASJF a créé en 2004 l’Association Défense du français. Cette initiative proposée par Jean-Marie Vodoz et Daniel Favre a connu un immense succès. En quelques mois, nous avons atteint les 1000 membres cotisants. Cette association représente un groupe de pression qui a quelques beaux succès à son palmarès. Elle édite une brochure dans laquelle sont dénoncés les entreprises, les services de l’Etat, les commerces qui malmènent ou remplacent le français par des termes anglais. Et à force de frapper sur le clou, cela devient payant.

Un seul exemple sur les dizaines recensés :

Geneva Airport illuminait de ses enseignes la ville de Genève et forcément l’aéroport. Changement il y a eu qui a coûté des dizaines de milliers de francs. Car toutes les enseignes ont été changées. Aéroport de Genève a remplacé Geneva Airport qui a passé à la trappe.

Autres activités

L’ASJF a organisé dès 2004 et durant une douzaine d’années les Rencontres de Neuchâtel. Elle invitait dans la prestigieuse Salle des Chevaliers du Château les associations et groupements de Suisse œuvrant en faveur de la Francophonie. L’idée était de réunir les acteurs francophones de la Suisse romande qui œuvraient dans leur coin, sans se connaître.

Ce rendez-vous a servi de lien entre ces protagonistes et de plate-forme permettant le lancement d’actions et d’opérations communes. La démarche était à l’origine de sensibiliser l’opinion publique. Mais aussi de s’adresser à ceux et à celles qui disposent du pouvoir décisionnel. D’où la présence appréciée de représentants des autorités politiques des parlements, des cantons romands et de la Confédération, les élus jouant ainsi le rôle de relayeurs de nos préoccupations.

L’ASJF a régulièrement participé aux festivités des Semaines de la francophonie et de la langue française. Nous avons organisé des journées promotionnelles sur les marchés de Fribourg, Genève, Sion, Neuchâtel, Fribourg et Lausanne et dans une grande surface de Vevey.

Nous avons également collaboré à la présentation de la littérature africaine au Salon du livre de Genève.

Dès 2013, et tous les deux ans, nous avons mis sur pied à Yverdon-les-Bains un festival populaire en l’honneur de la langue française dénommé : Verbophonie. Avec la collaboration de l’auteur-compositeur, interprète et écrivain Michel Bühler, nous invitons de jeunes artistes francophones à se produire en public. Une dizaine de stands sont occupés par des responsables d’associations et institutions en rapport avec la langue française. Des jeux et concours pour jongler avec les mots ainsi qu’une dictée pour enfants et adultes complètent le programme qui engendre un large écho médiatique (presse écrite, radio et TV).

L’ASJF a créé en 2010 un Observatoire des langues au siège genevois des Nations Unies à Genève et de diverses autres institutions internationales. Les informations étaient transmises par un site internet. Les difficultés du financement ont empêché la poursuite de l’expérience.

Notons que les aînés se souviennent des quinze éditions du Bec d’Or, un rendez-vous mondain et culturel mis sur pied à Lausanne par Jean-Marie Vodoz. Les mauvais élèves des publicités de la presse écrite et télévisée jouaient les vedettes de la soirée devant un parterre de quatre cents personnes provenant du monde politique, économique et journalistique.

Recherche de fonds

Notre association fêtera en cette fin d’année 2019 son soixantième anniversaire. Sans faste et sans flonflon. Car l’état de la caisse nous oblige à resserrer au maximum le budget. Pour le comité, la poursuite des activités de l’ASJF passe par la recherche de nouvelles ressources. Différentes pistes ont été proposées. Dont la recherche de membres partenaires, soit sociétés, entreprises, collectivités publiques et donateurs spécifiques en fonction d’événements particuliers.

Merci pour votre soutien :

Association suisse des journalistes francophones, Lausanne 10-3056-2 Iban CH 14 0900 0000 1000 3056

Retrouvez le texte original dans Alouette / été 2019