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2015-12-20

128 travailleurs des media tués en 2015

Rapport annuel PEC

Pas de progrès dans la protection des journalistes sur le terrain: 128 travailleurs des media tués en 2015

Genève, 14 décembre (PEC) Aucun progrès n'a été accompli dans la protection des journalistes en 2015. Depuis janvier, 128 d'entre eux ont été tués dans 31 pays, a indiqué jeudi la Presse Emblème Campagne (PEC) dans son rapport annuel.

"2015 a encore été une année terrible pour les journalistes. Elle a commencé par la tuerie de Charlie Hebdo à Paris et la décapitation par le groupe Etat islamique du journaliste japonais Kenji Goto en Syrie", a affirmé le secrétaire général de la Presse Emblème Campagne (PEC) Blaise Lempen.

"La violence exercée à l'encontre des journalistes ne diminue pas. Il est révélateur que les quatre dernières années ont été les plus meurtrières de la décennie", a-t-il ajouté. 

Les conflits armés dans plusieurs pays du Moyen-Orient, la violence dans une demi-douzaine de pays d'Amérique latine et les assassinats commis par des éléments ou groupes terroristes ont été les principales causes de ce bilan élevé.

Plus de la moitié des victimes ont été recensées dans des pays en guerre, selon le décompte de la PEC. Une cinquantaine d'entre elles ont été tuées par des groupes armés non étatiques, des éléments terroristes ou des bandes criminelles organisées (Irak, Syrie, France, Libye, Somalie, Yémen, Mexique).

Pays les plus dangereux

Dix pays concentrent les deux tiers des 128 victimes de cette année. La Syrie a été le pays le plus meurtrier, avec 11 journalistes tués, devant l'Irak et le Mexique à égalité avec dix journalistes tués.

Suivent au 4e rang à égalité avec huit tués dans chaque pays: la France, la Libye et les Philippines. Au 7e rang se trouvent, avec sept victimes dans chaque pays: le Brésil, l'Inde, le Soudan du Sud et le Yémen.  A noter que le Soudan du Sud et le Yémen sont nouveaux dans la liste des dix pays les plus dangereux.

Suivent le Pakistan et la Somalie, avec six victimes dans chaque pays. Le Honduras est au 13e rang avec cinq tués, devant la Colombie (4) et l'Ukraine (4). Suivent le Guatemala (3), l'Afghanistan (2), les Etats-Unis (2). Au 19e rang à égalité se trouvent 13 pays dans lesquels une victime a été dénombrée: Arabie saoudite, Azerbaïdjan, Bangladesh, Burundi, Gaza (OPT), Ghana, Indonésie, Kenya, Mozambique, Paraguay, Pologne, République dominicaine, République démocratique du Congo.

Par région, le Moyen-Orient reste celle qui comporte le plus de risques, avec un total de 38 tués cette année. L'Amérique latine se trouve au 2e rang avec 31 tués, devant l'Asie (26 tués), l'Afrique (18 tués). Le bilan en Europe n'a jamais été aussi lourd depuis dix ans, avec 13 victimes. Deux journalistes ont été tués à la télévision en direct aux Etats-Unis.

La Syrie pays le plus meurtrier en cinq ans

En dix ans, depuis que la PEC a commencé son décompte en 2006, l'ONG a recensé 1177 travailleurs des médias tués, soit en moyenne 118 par an, ou 2,2 tués par semaine. Lors des quatre dernières années, la moyenne est plus élevée avec 536 tués, soit 134 par an, et 2,5 par semaine (128 tués en 2015, 138 en 2014, 129 en 2013, 141 en 2012).

Le bilan de la guerre en Syrie est effroyable pour les travailleurs des médias, avec au moins 86 tués depuis 2011. Ce terrible bilan en Syrie risque encore de s'alourdir: des journalistes restent disparus ou sont détenus, comme l'Américain Austin Tice, et trois Espagnols faits prisonniers en juillet.

Le pays le plus dangereux après la Syrie au cours des cinq dernières années a été le Pakistan, avec 55 tués, en majorité dans les zones tribales proches de la frontière afghane. En troisième position à égalité sur cinq ans se trouvent l'Irak (46 tués) et le Mexique (46 également). La situation au Mexique est particulièrement dramatique en raison de la guerre menée par les trafiquants de drogue et de l'impunité et corruption généralisées.

La Somalie, théâtre d'un conflit prolongé, vient au 5e rang avec 42 tués. Le Brésil suit avec 35 tués, devant les Philippines 34. Au 8e rang vient le Honduras (26 tués en cinq ans), devant l'Inde (25 tués) et la Libye (20 tués).

Ces dix pays concentrent les deux tiers des victimes, soit 415 tués sur les 643 comptabilisés au cours des cinq dernières années. "Les journalistes ne peuvent pas renoncer à faire leur métier en ne se rendant pas dans les zones dangereuses ou en fuyant les combats. La communauté internationale doit enquêter sur ces crimes et lutter avec beaucoup plus de fermeté contre l'impunité", a affirmé Blaise Lempen.

Mobilisation

En 2015, la PEC a présenté onze interventions orales au Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Le Prix PEC a été décerné en juin à deux lauréates Dunja Mijatovic, pour son engagement remarquable en faveur de la liberté des médias à l'OSCE, et Liudmyla Zlobina, pour le rôle joué par l'ONG ukrainienne pendant le conflit avec la Russie.

La PEC s'est mobilisée avec succès, avec d'autres ONG, pour la libération de Mazen Darwish, lauréat du prix PEC 2013, des journalistes d'Al Jazeera détenus en Egypte et d'Emin Huseynov en Azerbaïdjan, désormais réfugié politique en Suisse. Elle a également soutenu le journaliste marocain Ali Lmrabet en grève de la faim à Genève.

La PEC a aussi co-organisé l'exposition Anything to Say qui a permis d'exposer pendant cinq jours sur la place des Nations, devant l'ONU, les statues de Assange, Manning et Snowden, symboles de la liberté d'expression, réalisées par l'artiste italien Davide Dormino. Elle a  en outre participé aux célébrations de la Journée de la liberté de la presse et de la Journée internationale contre l'impunité des cirmes commis contre les journalistes.

La PEC a aussi salué le 28 mai l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU de la résolution 2222 sur la protection des journalistes, qui s'ajoute à d'autres résolutions de l'Assemblée générale de l'ONU et du Conseil des droits de l'homme. Ces textes adoptés par consensus fournissent une base solide pour améliorer la sécurité des journalistes, s'ils sont appliqués.

La présidente de la PEC Hedayat Abbel Nabi a affirmé que l'ONG fondée en 2004 va continuer de se mobiliser et de travailler afin de renforcer la protection des journalistes dans les zones de conflit et situations dangereuses.

Liste des victimes, graphiques sur: www.pressemblem.ch

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