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Langue française

22 juin 2012 (observateur) - La défense du français, un principe indivisible et transversal.


Mais de quel français parle-t-on ?

La langue française n’est pas une mais plurielle. Comme toute langue, elle est aussi un phénomène social global, tout à la fois identitaire, économique, politique et linguistique. À l’instar des rapports de force ou d’échange sur pied d’égalité entre les différentes langues, les nombreuses variantes observées chez les locuteurs francophones d’ici ou là doivent être respectées, sauvegardées, valorisées en tant que telles car les diversités sont de fait complémentaires plutôt que contradictoires, participant de valeurs à portée universelle telles que la démocratie, la liberté d’expression, le droit des minorités, la diversité comme richesse. Par conséquent, le français doit être défendu comme un tout et de manière générale, en tenant compte tout particulièrement des spécificités irréductibles de toutes ses différences.


Par Micheline PACE, membre de l'Académie de la Suisse romande.

 

La Francophonie n’a jamais cessé d’évoluer. Associer la défense du français à la promotion du plurilinguisme fait partie de ses missions cardinales.

Le suisse romand dans la francophonie

« Quelle est la langue parlée en Suisse ? » Cette question est bien connue. Quel Suisse ne l’a pas entendue, à l’étranger ? Il est dans la coutume de définir notre pays comme un conglomérat d’états souverains, par définition autonomes, dont le nombre de langues pratiquées sur un territoire donné dépassent largement ce qui est observé dans la très grande majorité des nations du monde. Certains observateurs se plaisent à en déduire que notre pays constitue un modèle de démocratie, où le vivre ensemble entre individus ne partageant même pas une langue commune est possible. À chacun ses images d’Epinal ! Le hic est qu’il n’est pas si aisé de se comprendre, pas plus entre Helvètes qu’entre francophones du globe. Une image ludique illustre cet état de fait : un Romand, un Suisse allemand et un Tessinois se rencontrent dans le train ; quelle langue vont-ils parler ? Et bien, l’anglais ! Les exemples ne manquent pas. En période de soldes, on voit partout dans notre région des annonces « sale », la loi du nombre dans certaines instances officielles impose qu’on sacrifie les langues minoritaires.


La défense de la langue française et de la culture romande intervient dans ce contexte global. Selon les chiffres de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), le français est partagé par plus de 220 millions d’interlocuteurs et constitue une langue officielle de 32 États. Il a été considéré durant des siècles comme langue de la diplomatie, après avoir supplanté le latin. Il fait partie des six langues officielles de l’ONU et constitue la deuxième langue de travail dans les milieux internationaux comme d’ailleurs au Palais fédéral.

En ce tricentenaire de Jean-Jacques Rousseau, on se souviendra que l’auteur des Origines des langues dont la première édition eut lieu à Genève en 1781, près d’un siècle après la codification du français, décrit le phénomène par la mélodie et l’imitation musicale, motivées originellement par les passions. Avant d’être écrites, les langues sont chantées. La conceptualisation interviendrait en second lieu. La preuve en est que sur les sept millions de langues utilisées dans le monde, seules deux cents sont transcrites.

 

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