Liberté de la presse: « Les 10 cas les plus graves-avril 2019 »

Lundi 8 avril 2019

La coalition  One Free Press dénonce chaque mois les atteintes les plus graves aux libertés de la presse dans le monde, en publiant la liste d’une dizaine de noms de journalistes. Euractiv s’associe au projet et publie la liste pour avril 2019.

La coalition One Free Press réunit des éditeurs du monde entier qui souhaitent mettre en avant les journalistes dont la liberté est menacée ou qui sont poursuivis, voire assassinés, en publiant chaque mois la liste des 10 cas les plus graves. Cette prise de parole commune veut aussi montrer le courage des journalistes dont les voix sont réduites au silence.

Miroslava Breach Velducea (Mexique) : Assassinée pour ses reportages sur la corruption et la politique. En mars 2017, la correspondante de La Jornada, Miroslava Breach Velducea, a été assassinée dans l’État de Chihuahua dans le cadre de ses reportages sur les liens entre les politiciens et le crime organisé. Avant sa mort, elle avait reçu des menaces à au moins trois reprises à cause de ses enquêtes. Un suspect est actuellement en détention provisoire et la prochaine audience devrait avoir lieu dans quelques mois.

Maria Ressa et Rappler (Philippines): Arrestation et menaces de poursuites judiciaires pour un organe de presse critique et sa rédactrice en chef. Des agents du Bureau national d’investigation ont arrêté Maria Ressa du site web d’informations Rappler le 13 février à la suite d’une affaire de cyber-diffamation déposée contre elle par le ministère de la Justice. Elle a été relâchée le lendemain, mais Rappler s’est vu imposer des taxes de rétorsion. Le 28 mars, les autorités philippines ont émis des mandats d’arrêt contre des rédacteurs en chef et des dirigeants de Rappler, dont Maria Ressa, pour violation des lois interdisant la propriété étrangère des médias. CPJ et First Look Media sont partenaires d’un fonds de défense juridique des journalistes, dont Maria Ressa et Rappler sont les premiers bénéficiaires.

Tran Thi Nga (Vietnam): Journaliste accusé de diffuser de la propagande. Après un procès d’une journée, Tran Thi Nga a été condamnée à neuf ans de prison pour « propagande contre l’État ». Elle a produit un certain nombre de vidéos critiques à l’égard des autorités sur des sujets comme les déversements environnementaux toxiques et la corruption gouvernementale.

Azimjon Askarov (Kirghizistan) : Condamné à perpétuité pour avoir documenté des violations des droits de l’Homme. Le journaliste kirghize Azimjon Askarov, lauréat d’un prix, a passé près de neuf ans en prison pour de fausses accusations pour ses reportages sur des violations des droits humains. Malgré la protestation internationale, les autorités kirghizes ont confirmé sa condamnation.

Rana Ayyub (Inde) : Quand des reportages entrainent une escalade des menaces en ligne. La journaliste indienne indépendante Rana Ayyub a passé sa carrière à couvrir des sujets tabous, notamment la violence à l’encontre des groupes et minorités des castes inférieures en Inde. En raison de son travail, elle a été victime d’une vague de harcèlement sur les médias sociaux, y compris des vidéos pornographiques avec son visage photoshoppé et la publication de son adresse et de son numéro de téléphone personnel.

Miguel Mora et Lucía Pineda Ubau (Nicaragua) : Des journalistes nicaraguayens détenus dans un contexte de répression des médias. En décembre, la police nicaraguayenne a perquisitionné la chaîne de télévision 100% Noticias et arrêté le directeur Miguel Mora et Lucía Pineda Ubau, chargée des informations. Les deux journalistes sont détenus pour « incitation à la haine et à la violence » et se sont vu refuser l’accès à des services juridiques.

Anna Nimiriano (Sud Soudan) : Rédactrice en chef d’un journal au Sud-Soudan, vit sous la menace constante. En tant que rédactrice en chef du Juba Monitor, Anna Nimiriano se bat pour que ses collègues ne soient pas emprisonnés pour leurs reportages. Par le passé, le gouvernement lui a déjà ordonné de fermer ce journal. Elle persévère malgré les menaces d’arrestation et la censure constante.

Amade Abubacar (Mozambique) : Un journaliste mozambicain détenu sans procès. Le journaliste de radio Amade Abubacar a été arrêté en janvier alors qu’il photographiait des familles fuyant des attaques de militants dans le nord de la province de Cabo Delgado et a été détenu en secret dans un établissement militaire. Depuis, il a été transféré en prison loin de chez lui. Aucun signe pour l’instant d’une libération potentielle.

Claudia Duque (Colombie) : Défenseuse des droits humains victime d’attaques en Colombie où l’impunité demeure à 98,81%. La journaliste d’investigation chevronnée a été victime d’enlèvements, de surveillance illégale, de torture psychologique et d’exil. Les tribunaux ont condamné trois officiers supérieurs des services de sécurité colombiens pour avoir torturé Claudia et sa fille. En janvier, tous les détenus ont été libérés. L’IWMF a décerné à Claudia Duque le Prix du courage en journalisme en 2010.

Osman Mirghani (Soudan) : Détention d’un journaliste indépendant et détérioration de son état de santé. Les autorités soudanaises ont arrêté Osman Mirghani, rédacteur en chef du journal indépendant soudanais Al-Tayar, en février. Les autorités n’ont pas rendu publiques les charges retenues contre lui et sa santé s’est détériorée en prison. Il a été libéré le 29 mars. Avant son arrestation, il rendait compte des manifestations en cours au Soudan.

Plus d’information

Les membres de One Free Press Coalition sont The Associated Press – De Standaard – EURACTIV – Forbes – Financial Times – HuffPost – Le Temps – Reuters – Süddesutsche Zeitung (Germany) – TIME – Yahoo News-Boston Globe -Fortune- Corriere Della Serra- Deutsche Welle.

Le projet est soutenu par le comité de protection des journalistes (Committee to Protect Journalists, CPJ) et la Fondation internationale de la presse féminine (International Women’s Media Foundation (IWMF)

https://www.euractiv.fr/section/medias/news/liberte-de-la-presse-les-10-cas-les-plus-graves-avril-2019/

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