Grâce au soutien de l'OIF, Francophonie et Francophonu ne forment plus qu'un seul site internet!
francophonie francophonue

Sciences

12 janvier 2011 (observateur) - IDYLLE AVEC LES THINK TANKS!



Entrés dans la dernière ligne droite avant la présidence, les Français tentent de s'intégrer dans le milieu élitiste et influent des think tanks. Un dialogue difficile, mais qui va en s'intensifiant.

Français et think tanks ne parlent pas toujours la même langue. Le 10 décembre, au sein du Centre for European Policy Studies, un des plus influents «centres de réflexion» bruxellois, Patrick Lachausée, représentant du ministère des Affaires Etrangères, a eu du mal à présenter la position française sur la protection diplomatique et consulaire des citoyens européens. Tout simplement parce qu’il ne maîtrisait pas assez bien l’anglais. Or la plupart des conférences et des débats tenus par ces groupes se font dans la langue de Shakespeare.
Les acteurs politiques français comprennent de plus en plus l’importance de leur participation aux travaux des think tanks. Car la politique européenne ne se construit pas seulement au sein des institutions consacrées, telles que la Commission, le Conseil ou le Parlement. Avant d’arriver sur la table des décideurs, les idées et les initiatives sont souvent élaborées et débattues dans le cadre de ces «réservoirs d’idées». Groupes indépendants de chercheurs et d’experts tentent d’anticiper et influencer la politique européenne, à travers des études scientifiques, des publications, des tables rondes, des conférences ou des séminaires.


Rattraper le retard

Très actifs aux Etats-Unis depuis le début du XXème siècle, les think tanks sont de plus en plus présents à Bruxelles. La France accuse du retard sur ce terrain. Ses premiers think tanks ont été créés dans les années 80. Les hommes politiques de l’Hexagone n'ont compris leur importance qu'à partir de 2000. Michel Barnier, ancien commissaire européen à la politique régionale, a été l'un de leurs principaux propagandistes. Aujourd'hui, cinq personnes du bureau de presse de la représentation permanente travaillent étroitement avec ces organismes. Philippe Ray, responsable de cette équipe, se charge d’assurer une présence française dans toutes leurs manifestations. Il liste toutes les activités des think tanks bruxellois. Et, s'il constate qu'aucun Français n'est invité, il essaye d'y envoyer quelqu'un. Le cas échéant, lui et ses collègues y assistent personnellement. Ils prennent des notes et les publient dans un magazine mensuel destiné à sensibiliser les politiques français. «Notre préoccupation est de savoir ce qui se dit et de prendre des idées. L’intérêt de la réflexion des think tanks, c’est qu’elle inclut le long terme, alors que les hommes politiques Français et Européens travaillent sur le court terme.»
Philippe Ray voit aussi dans ces laboratoires un outil de diffusion des idées défendues par la France. «On nous dit souvent que nos idées sont bizarres. Mais quand on les expose, elles sont assez bien perçues. Par exemple, lorsque les Français viennent à Bruxelles devant un think tank pour expliquer pourquoi Nicolas Sarkozy veut faire l’Union de la Méditerranée et le Comité des sages, ces idées font leur chemin.»
Un calendrier des think tanks européens à Bruxelles est mis à jour toutes les semaines sur le site de la représentation permanente.

A Bruxelles,

Mihaela Carbunaru

Université Robert Schumann Strasbourg

©2013 siteweb.ch & c-active.ch