Décès de Jean-Marie Vodoz, président d’honneur

L’Association suisse des journalistes francophones pleure son président d’honneur Jean-Marie Vodoz qui nous a quittés le dimanche 4 juin à l’âge de 89 ans. Il était l’incarnation  du défenseur infatigable de la langue de Molière et le pourfendeur acharné des anglicismes. Il a été président de notre section puis a été appelé à la tête de l’Union internationale de la presse francophone de 1978 à 1984. Cette institution, secouée par une crise existentielle en 2000, a encore fait appel à ses services pour assurer sa survie.

Fils d’un conseiller d’Etat vaudois, Jean-Marie Vodoz a suivi des études de droit à Lausanne avant de fréquenter le Centre de formation des journalistes professionnels à Paris. Rédacteur à la « Feuille d’Avis de Neuchâtel », devenue « L’Express » en 1953 à 1955, il a poursuivi sa carrière à la « Gazette de Lausanne » , dont il est devenu le secrétaire général en 1958. Il est ensuite entré à la « Feuille d’Avis de Lausanne (aujourd’hui 24 Heures), occupant dès 1967 le poste de correspondant parlementaire à Berne. Rédacteur en chef adjoint en  1977, il est devenu rédacteur en chef de « 24 Heures » en 1977, poste qu’il a occupé durant quatorze années.

Décoré de la Légion d’honneur en 1986 pour son engagement en faveur du rayonnement de la langue française, Jean-Marie Vodoz avait été nommé membre du Haut Conseil de la francophonie par le président français François Mitterand.

Président d’honneur de l’Association suisse des journalistes francophones et de l’Union internationale de la presse francophone, Jean-Marie Vodoz a été le créateur et animateur du « Bec d’Or », manifestation grandiose et mondaine (1985-1995  qui récompensait la meilleure publicité de l’année et qui critiquait la plus mauvaise, dite la « perle d’inculture ».

Au début de ce siècle,  il a été à l’origine de la Fondation « Défense du français » qui compte aujourd’hui quelque mille membres cotisants.

Un rappel que nous soufflent à l’oreille les anciens : désireux de promouvoir la liberté d’expression, il a été le premier rédacteur en chef de  Romandie à introduire la rubrique « Courrier du lecteur ».

Avec la disparition de Jean-Marie Vodoz, c’est une page de la lutte pour la promotion du français dans notre pays qui se tourne.

L’ASJF présente ses condoléances aux membres de la famille Vodoz. Avec une pensée particulière à son épouse Carmen que nous avons eu le plaisir de côtoyer dans le cadre des rencontres francophones, notamment lors des assises de l’UPF.

Au nom du comité de l’Association suisse des journalistes francophones :

Jean-Pierre Molliet, président

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