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Langue française

05 mars 2012 (observateur) - Égalité entre le français et l'anglais à l'ONU: «Nous allons essayer d'obtenir des statistiques, voir tous les postes ouverts à l'ONU un par un et voir sur quelle définition ils sont proposés» annonce Dominique Hoppe.

Porteur d'un manifeste sur le multilinguisme dans les organisations internationales, le Président de l'Assemblée des francophones fonctionnaires des organisations internationales (AFFOI) est plus que déterminé à faire respecter l'usage du français à l'ONU langue injustement reléguée au second plan alors que la langue de Molière pèse autant que celle de Shakespeare sur la balance des langues étant la seule qui est considérée avec l'anglais comme langue de travail aux Nations-Unies.

GENEVE- Organisation de fonctionnaires internationaux francophones qui agissent pour différentes causes: la première étant pour la défense de la langue française dans les organisations internationales, la deuxième la défense de la diversité linguistique, culturelle et conceptuelle, AFFOI, est aussi engagée activement dans la volonté de révision de la gouvernance des organisations internationales qui ont été créées pour la majorité après la deuxième guerre mondiale. Cette structure mondiale est représentée aux Pays-Bas, à Bruxelles, à Luxembourg, à New-York, et à Washington. Dans cet entretien qu'il nous a accordé en présence de son assistante, Catherine Lafforgue, Dominique Hoppe tire un premier bilan de sa visite en Suisse et ses projets pour le siège européen des Nations Unies.

 

Pouvez-vous nous parler de l'importance de votre présence à Genève?

Nous sommes venus prospecter l'environnement genevois et ses nombreuses organisations internationales. Nous sommes porteurs d'un manifeste pour le soutien du multilinguisme dans les organisations internationales. Dans ce manifeste, on indique la nécessité de se regrouper pour agir. Nous avons rencontré pour en parler une palette importante d'acteurs de la Genève internationale, le président du Groupe des Ambassadeurs Francophones (GAF), l'ambassadeur de la Francophonie, de même que de nombreuses autres personnalités, Francis Gurry directeur de l'OMPI, australien francophile, le DG de l'OMM, Michel Jarraud, et plusieurs responsables de l'ONU notamment M. Fall Papa Louis, inspecteur du Corps Commun en charge du rapport sur le multilinguisme. Nous sommes allés également à l'OMC et au CERN.

Nous avons également rencontré le ministre suisse de la Francophonie, M. Paroz, pour faire le bilan dans les différentes organisations internationales, ce qui marchait et ce qui ne marchait pas.

Notre structure pourrait intervenir pour donner un certain levier d'actions et de communication et essayer d'avoir une AFFOI locale comme celles qu'on a ailleurs, pour mettre un peu de dynamisme d'un site à l'autre dans la communauté francophone.

Vous avez rencontré plusieurs personnalités à Genève, quelle sera la suite que vous comptez donner à votre visite en Suisse?

«Nous avons rencontré M. Daniel Favre, Président de l'association suisse des journalistes francophones,  avec qui nous avons abordé des pistes de collaboration. Il a, à titre illustratif, la dimension médiatique avec le site Francophonu et nous, nous avons la vision de la réalité depuis les différentes organisations internationales. Nous pourrions nous servir de notre expérience pour pouvoir témoigner et lui, se servir de notre organisation pour pouvoir passer un témoignage pour un public plus large.

La première étape était donc d'avoir cette série de rencontres avec tous les acteurs de la Genève internationale avec qui nous avons convenu de faire un reportage sur les constats que nous avions pu faire. Nous allons revenir avec une caméra et les filmer. Nous allons essayer de les faire témoigner de telle façon que nous puissions partager ces témoignages avec un public plus grand.

Un contact sera pris avec les fonctionnaires des Nations Unies qui sont intéressés à s'engager ici, à Genève, pour créer une AFFOI locale bien structurée. Nous espérons ensuite que les francophones vont créer un conseil supérieur composé de fonctionnaires de haut niveau comme les diplomates pour pouvoir parler autour d'une table et envisager des types de solutions ici ou là, notamment face à des problèmes linguistiques».

Plus précisément quel type d'action comptez vous mener pou recréer l'équilibre entre le français et l'anglais à l'ONU?

Notre structure va prendre en charge de jeunes étudiants, c'est à dire des universitaires qui veulent devenir des fonctionnaires internationaux à qui nous allons demander de travailler sur des dossiers. L'un des prochains dossiers, par exemple, sur lesquels nous leur ferons travailler est relatif au recrutement à l'ONU. Il semblerait que sur les fiches d'appel d'offres à l'ONU, on précise qu'il faut parler anglais et que le français est une bonne valeur ajoutée. C'est anormal, puisque les deux langues de travail de l'ONU sont le français et l'anglais. Il faudrait donc parler l'une de ces deux langues et une autre des six langues de l'ONU servant ainsi de valeur ajoutée. C'est sous cette forme là que les choses devront être faites. Nous allons essayer d'obtenir des statistiques, voir tous les postes ouverts à l'ONU un par un et voir sur quelle définition ils sont proposés. Nous allons ensuite quantifier et si on se rend compte que sur N cas l'anglais est la seule langue exigée et le français présenté comme langue secondaire, nous ferons un rapport qui sera présenté aux États membres de la Francophonie. On négociera avec eux pour le présenter au Secrétaire général des Nations Unies pour l'ouverture d'une enquête sur le pourquoi de ce dysfonctionnement.

Propos recueillis, à Genève, par El Hadji Gorgui Wade NDOYE.

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