Langue française en Algérie

Le Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone (CERMF) a condamné la dernière décision du ministre de l’Enseignement supérieur de remplacer le français par l’anglais, dans un communiqué rendu public hier mardi 23 juillet et signé par son président Ilyes Zouari.

Le CERMF a réagi à la décision du ministre de l’Enseignement supérieur consistant à remplacer la langue française par l’anglais au niveau de l’Université algérienne. Il considère que le sondage réalisé par le ministère est un bricolage «ne respectant pas les règles élémentaires en la matière, sur la place du français à l’université».

Il ajoute que le contexte actuel n’est pas favorable à ce genre de réformes et que les priorités sont d’ordre économique et diplomatique. Pour le président du CERMF, l’Algérie traverse une « une période cruciale de l’histoire de ce grand pays arabo-berbéro-francophone frère, qui a surtout besoin de réformes courageuses et profondes de son modèle économique, ainsi que d’une redéfinition de ses priorités en matière de politique étrangère ».

La décision du remplacement du français peut être désastreuse

Le CERMF explique que « l’apprentissage de différentes langues étrangères est toujours souhaitable. Nous rappelons que la remise en cause, ouvertement voulue par certains responsables politiques, du statut de première langue étrangère accordé au français en Algérie, et donc du caractère francophone du pays, est de nature à nuire gravement aux intérêts supérieurs de celui-ci et du peuple algérien ».

Le Centre signale que les arrière-pensées de la décision peuvent gravement nuire à l’Algérie. Ilyes Zouari énumère les conséquences qui peuvent en découler, notamment « en coupant l’Algérie de son environnement immédiat, à savoir le reste du Maghreb et plus globalement l’Afrique francophone, vaste ensemble en plein essor économique et démographique, et présentant de nombreuses opportunités ».

Il met en garde contre l’éloignement de l’Algérie « de ses alliés traditionnels et historiques, par une érosion progressive, mais certaine des relations amicales, voire fraternelles, liant historiquement le pays à d’autres ayant aussi le français en partage, au nord comme au sud du Monde francophone ».

L’Algérie se rapproche des pays arabo-anglophones du Moyen-Orient et de leur culture

Le CERMF fait rappeler « des relations particulièrement étroites qu’il serait impossible de rebâtirLe Centre signale que les arrière-pensées de la décision peuvent gravement nuire à l’Algérie. Ilyes Zouari énumère les conséquences qui peuvent en découler, notamment « en coupant l’Algérie de son environnement immédiat, à savoir le reste du Maghreb et plus globalement l’Afrique francophone, vaste ensemble en plein essor économique et démographique, et présentant de nombreuses opportunités ».

Il met en garde contre l’éloignement de l’Algérie « de ses alliés traditionnels et historiques, par une érosion progressive, mais certaine des relations amicales, voire fraternelles, liant historiquement le pays à d’autres ayant aussi le français en partage, au nord comme au sud du Monde francophone ».

Le français n’est pas la raison de l’échec du modèle algérien

« Le français n’a jamais été un frein au développement d’un pays. »

Pour finir, le CERMF signale que la langue française n’est pas la raison de l’échec du modèle algérien, il explique « avec force, études à l’appui et face à une propagande mensongère et assez régulière, que le français n’a jamais été un frein au développement d’un pays l’ayant en partage, du moment que celui-ci décide de mener une politique efficace et de s’engager sur la voie de la bonne gouvernance ».

Les atouts de la langue française

Le CERMF souligne les points forts dont dispose la langue française, surtout dans le contexte algérien ; le français étant la langue « de la partie la plus dynamique du continent africain, à savoir l’Afrique francophone. Un vaste ensemble, plus de trois fois plus étendu que l’Union européenne tout entière, rassemblant 25 pays et désormais plus de 420 millions d’habitants, et qui devrait dépasser les 800 millions d’habitants en 2050 ».

Le Centre fait aussi référence à la place de cette langue dans d’autres pays, le français étant « la langue de la vaste et dynamique province du Québec, haut lieu de la créativité et de la haute technologie, et qui affiche notamment un taux de chômage régulièrement inférieur à celui du reste anglophone du Canada (4,9 % en juin 2019, contre 5,6 % dans le reste du Canada), et dont la capitale politique, Québec, est la ville ayant le taux de chômage le plus bas du pays (2,4 % en juin 2019) ».

Il rappelle aussi que le français est la langue de la « deuxième puissance mondiale après les États-Unis, en combinant l’ensemble des critères de puissance : Économie, capacités militaires, poids géopolitique, influence culturelle, ou encore la géographie (grâce notamment à son territoire maritime, le deuxième plus vaste du globe, grand comme plus de quatre fois l’Algérie et réparti sur trois océans) ».

Le CERMF conclut sur la nécessité de tourner la page du conflit algéro-français hérité de l’ère de la colonisation.

Il insiste sur l’instrumentalisation politicienne des haines anciennes : « il est désormais temps de tourner cette longue page de l’histoire algérienne, marquée par des responsables politiques ne plaçant pas toujours l’intérêt supérieur du pays au sommet de leurs priorités, et faisant régulièrement diversion afin d’éviter d’avoir à traiter ses véritables difficultés ».

Source: https://www.observalgerie.com/international/france/algerie-remplacer-francais-anglais-cermf-condamne/

Mercredi 24 juillet 2019