Reçue à Berne, la cheffe de la Francophonie salue le rôle de la Suisse

Reçue à Berne, la cheffe de la Francophonie Louise Mushikiwabo a salué le rôle de la Suisse.

La secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo, a rencontré mardi à Berne le conseiller fédéral Ignazio Cassis.

L’ancienne ministre des Affaires étrangères du Rwanda a souligné l’importance à ses yeux de venir dès le début de son mandat à Berne. « La Suisse est une grande joueuse dans l’équipe » de la francophonie, a affirmé devant la presse Louise Mushikiwabo, en fonction depuis janvier.

Il y a deux semaines, le Conseil fédéral a décidé d’allouer 1,7 million de francs en faveur de la coopération francophone pour les années 2020 à 2023. La Suisse est le troisième bailleur de fonds, à égalité avec la Belgique, de l’OIF, juste derrière la France et le Canada.

« Discussions enrichissantes »

Membre de l’OIF depuis 1986, la Suisse fournit aussi son expertise en matière de formation professionnelle duale dans certains pays de l’espace francophone. Elle soutient par exemple l’Agence universitaire de la Francophonie ou la Fête de la Francophonie.

Au-delà du soutien financier, Louise Mushikiwabo a cité en exemple la Suisse pour son multilatéralisme et son multilinguisme, saluant au passage son rôle dans le dialogue politique des relations internationales. Elle a remercié la Confédération pour son implication dans l’OIF et les « discussions enrichissantes » qu’elle a eues avec le ministre des affaires étrangères Ignazio Cassis.

Vers une Francophonie moins dispersée

Ce dernier en a profité pour souligner les nouvelles directions que doit prendre l’OIF. Le ministre la veut moins dispersée et plus efficace. L’organisation s’y montre favorable.

La cheffe de la Francophonie a évoqué dans les grandes lignes ses objectifs prioritaires: elle souhaite renforcer le rôle politique de l’organisation, multiplier les échanges bilatéraux et multilatéraux, insuffler plus de concret et de visibilité à l’OIF.

ats/mb/ani

Ignazio Cassis confond le Rwanda avec le Cameroun

L’allocution du conseiller fédéral Ignazio Cassis à la suite de sa rencontre avec la Rwandaise Louise Mushikiwabo n’est pas passée inaperçue dans la salle de conférence de presse. Le ministre a en effet évoqué le faux pays d’origine de la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) : « Ce qui était très intéressant (durant nos discussions), et ce sur quoi je me posais pas mal de questions, c’était la relation entre la francophonie et l’anglophonie – le Commonwealth en particulier – étant donné que même le Cameroun, le pays d’où vient la Secrétaire générale, est un pays qui appartient aux deux organisations (l’OIF et le Commonwealth, ndlr.) », a-t-il indiqué. 

Louise Mushikiwabo a attendu son tour de parole pour corriger, subtilement, la bourde du chef du DFAE. « La Suisse est un pays qui travaille de très près avec plusieurs des membres de notre organisation, dont mon propre pays, le Rwanda », a-t-elle dit en souriant. 

La francophonie en forte croissance

La francophonie est l’espace linguistique à la plus forte croissance, avec un bond de 143% prévu entre 2015 et 2065 (+62% pour l’anglais), selon l’ONU. D’ici à 2065, un milliard de personnes devrait parler français, soit cinq fois plus qu’en 1960, au deuxième rang des langues internationales derrière l’anglais. Selon l’OIF, 8% de la population mondiale sera francophone en 2050, soit 700 millions, dont 85% en Afrique.