Grâce au soutien de l'OIF, Francophonie et Francophonu ne forment plus qu'un seul site internet!
francophonie francophonue

Langue française

21 avril 2011 (observateur) - 7E RENCONTRES DE NEUCHÂTEL – CHÂTEAU DE NEUCHÂTEL
 

Une trentaine de représentants d’associations se sont réunis samedi 5 mars 2011 à Neuchâtel, à l’occasion des 7e Rencontres de Neuchâtel, sous la baguette de Daniel Favre, président de l’Association suisse des journalistes francophones. Le Jura y était représenté par le soussigné, au nom de la Conférence des peuples de langue française, et par les députés Maria Lorenzo-Fleury et Maurice Jobin.

 

En ouverture, l’assemblée a pris connaissance du Rapport de Jean-Pierre Molliet, coordinateur des rendez-vous francophones de Neuchâtel. (PAC)

Les participants ont ensuite auditionné Vasco Dumartheray, premier délégué du plurilinguisme nommé par le Conseil fédéral. Sa nouvelle fonction découle de la Loi fédérale sur les langues nationales et la compréhension entre les communautés linguistiques, laquelle, à son article 20, précise que la Confédération encourage les compétences linguistiques de son personnel dans les langues nationales, veille à ce que les communautés linguistiques soient représentées équitablement dans les autorités fédérales et dans les commissions extraparlementaires et encourage le plurilinguisme dans l’armée.

Parallèlement à la mise en œuvre de la loi, plusieurs interventions parlementaires, ont, ces dernières années, témoigné d’une attente réelle au sein des milieux politiques. On notera en particulier le postulat du Conseiller aux Etats Claude Hêche, lequel, en résumé, demande que chaque département fédéral ait des objectifs contraignants. Quand on sait quelles réticences la haute fonction publique fédérale a à encourager un meilleur équilibre en matière de représentation linguistique, l’exigence posée par le sénateur jurassien revêt une importance qui n’échappe à personne. Face à une situation qui se dégrade pour les francophones (dans certaines relations internes, l’anglais vient immédiatement après l’allemand et relègue les langues nationales au troisième rang…), il est indispensable de convaincre le pouvoir politique, notamment le Conseil fédéral, afin qu’il donne les ordres et impulsions utiles à la correction des distorsions existantes, et assure au préalable une « transparence statistique » en dehors de laquelle il est précisément inutile d’agir ! 

Les représentants francophones ont écouté des relations orales individuelles sur les actions menées dans les cantons romands. J’ai eu l’occasion de revenir sur l’adoption de notre loi cantonale sur l’usage de la langue française, puis d’en présenter succinctement les objectifs. Auparavant, j’ai tenu à souligner l’état d’esprit dans lequel le Parlement jurassien, sous l’impulsion décisive de Mme la Ministre Elisabeth Baume-Schneider, a approuvé cette loi : il a privilégié le concept de rayonnement et de promotion de la langue française plutôt que l’idée réactive de défense et sauvegarde du français. 

Des intervenants ont décrit la situation dans les autres cantons romands, avec leurs particularismes. Des débats parlementaires ont lieu çà et là, sans qu’ils aboutissent pour l’heure à la détermination manifestée par l’Etat jurassien. L’exemple est pourtant là, précieux. Le français est-il menacé dans nos universités ? Telle question a été une nouvelle fois abordée au Château de Neuchâtel. Ici de même, les choses vont en s’aggravant. L’anglais s’insinue partout, s’impose dans un nombre croissant de cours. En certains endroits de Suisse romande, on ne prend même plus la peine d’exiger des professeurs qu’ils maîtrisent le français ! Voilà où nous en sommes aujourd’hui : s’il s’agit de la langue d’enseignement, la tendance est à l’anglais ; s’il s’agit de la langue de communication scientifique, l’anglais est omnipotent, si l’on parle de la langue de l’institution et de l’intégration des enseignants, la remarque précédente montre que certains hauts responsables universitaires se moquent bien des préoccupations des défenseurs du français dans nos grandes écoles. 

Une fois ce thème épuisé, l’assistance a entendu un exposé de Gorgui Wade Ndoye sur la mission que lui a confiée l’Association suisse des journalistes francophones auprès des Nations Unies à Genève. Là également, a dit le journaliste sénégalais, de fâcheuses habitudes ont été prises par l’administration onusienne, encouragées parfois par des politiques… français, lesquels, par snobisme et imbécillité, interviennent aux tribunes en anglais ! Rappelons que l’ONU compte 6 langues officielles : l’anglais, le chinois, le russe, l’espagnol, l’arabe et, cela va de soi, le français ! Quand il dénonce cette dérive quasi définitive vers le « tout anglais », M. Ndoye se refuse de parler d’un combat à mener, mais d’une volonté affirmée de défendre une pétition de principe. Vous n’avez pas à vous considérer comme inférieurs, lance-t-il aux francophones ! 

L’assemblée a également auditionné M. l’Ambassadeur Jean-François Paroz, commissaire fédéral chargé de l’organisation du Sommet de Montreux, en octobre 2010. La réunion des chefs d’Etats sur les rives du Léman a été totalement réussie. Trois défis étaient à relever : le défi logistique, parfaitement maîtrisé puisque le Sommet n’a coûté au total que 24 millions de francs, alors que le budget prévoyait une dépense de 30 millions ; le défi politique lié à l’image de la Suisse sur la scène internationale, qui aussi a été surmonté avec succès, tous les observateurs en sont publiquement convenus ; le défi événementiel enfin, à propos duquel le secrétaire général de l’OIF s’est réjoui qu’il ait été magnifiquement dominé : Confédération, cantons, villes, population, médias, tous se sont sentis étroitement concernés par l’événement de portée mondiale, et l’ambiance générale a été excellente. On ajoutera que les thèmes traités étaient dignes du plus grand intérêt : rôle de la francophonie dans la gouvernance mondiale, développement durable en lien avec la sécurité alimentaire, le changement climatique et la diversité biologique, enfin situation de la langue française dans un monde globalisé.

Patrick Pardo, Chef du Service de la francophonie (DFAE), a conclu ce point en détaillant le mandat de la présidence suisse jusqu’au prochain sommet de Kinshasa (RDC). 

Avant les propos conclusifs de Marcel Favre, empreints d’espoir et d’enthousiasme pour la promotion du français, les 7e Rencontres de Neuchâtel se sont intéressées aux activités des associations. J’ai eu le plaisir de présenter le Colloque Roland-Béguelin, samedi 26 mars à Montréal, organisée par le MNQ et la Conférence des peuples de langue française (CPLF), qui sera ouvert par Bernard Landry, ancien Premier Ministre. On notera bien sûr le prochain « Café francophone » mis sur pied par l’association Défense du français, vendredi 18 mars à 17 heures au Restaurant de la Croix-Blanche à Delémont. Aux débats dirigés par Marcel Favre participeront notamment Mme Elisabeth Baume-Schneider, ministre-présidente de la CIIP, et donc chargée de la Semaine de la francophonie, et Didier Berberat, conseiller aux Etats, président de l’association organisatrice et président de la commission permanente de l’éducation de l’APF.  

Les 7e Rencontres de Neuchâtel se sont terminées par l’apéritif traditionnel et l’engagement collectif de se retrouver l’année prochaine au nom et pour la défense et la promotion de la langue française. 

Par Pierre-André Comte- Maire. Président du Parlement jurassien en 2004. Secrétaire général du MAJ (RJ-UJ). Secrétaire général de la Conférence des peuples de langue française (CPLF). Citoyen d'honneur et Ami de la Vallée d'Aoste. Enseignant. Diplômé de l'Institut des Hautes Etudes en Administration Publique (IDHEAP) - Mastère en administration publique (1996).

Source : Journal de Pierre-André Comte. Neuchâtel/Vellerat.

Lien : http://pac.romandie.com/post/4525/221925





 

©2013 siteweb.ch & c-active.ch